« Abaï et Kazakhstan au XXIe siècle ». Article de Monsieur le Président Kassym-Jomart Tokaïev janvier 28, 2020 – Publié dans Littérosa – Tags: , , ,

Kassym-Jomart Tokaïev (en kazakh : Қасым-Жомарт Кемелұлы Тоқаев), né le 17 mai 1953, est un homme d’État kazakh, président de la République depuis 2019.

Tokaïev est Premier ministre de 1999 à 2003 et ministre des Affaires étrangères entre 1994 et 1999, puis entre 2003 et 2007. Il est président du Sénat du Parlement du Kazakhstan de 2007 à 2011, puis d’octobre 2013 à mars 2019. Il devient président du pays le 20 mars 2019.


Cette année est marquée par le 175ème anniversaire de la naissance d’Abaï Kounanbaïouly. Pour marquer l’anniversaire de ce grand homme, une commission spéciale a été créée. Il est prévu d’organiser des événements à grande échelle, au niveau national et international, sans que ce soit pour autant une célébration, mais plutôt un feu d’artifice spirituel en l’honneur de ce grand homme.
Abaï Kounanbaîouly a laissé une marque indélébile dans l’histoire de notre pays en tant que chercheur, penseur, poète, éclaireur, fondateur de la nouvelle littérature nationale, traducteur et compositeur. Ses poèmes et sa prose reflètent l’identité nationale, la vie, la vision du monde, le caractère, l’âme, la foi, la langue, les traditions et l’esprit du peuple, qui ont ensuite ensuite constitué un univers unique, appelé le monde d’Abaï.
L’année dernière, le flambeau de ressuscitation des œuvres d’Abaï a été relevé. J’ai participé et soutenu cette initiative, proposée par une écolière nommée Laïlim. Cette initiative, à laquelle beaucoup ont activement participé,- des écoliers aux adultes, en passant par des individus de renommée mondiale, – a duré plusieurs mois.
Grâce à cela, l’ensemble du Kazakhstan a de nouveau étudié le patrimoine d’Abaï. Cela permettait à la fois d’honorer sa mémoire et de transmettre celle-ci aux plus jeunes. J’espère que le défi de lire les poèmes d’Abaï cette année en l’honneur de l’anniversaire du poète sera revitalisé d’une nouvelle manière.
Le Premier Président, Noursoultan Nazarbaïev, dans son article «Cap sur l’avenir: modernisation de l’identité du Kazakhstan» a souligné l’importance de renouveler la conscience publique. La préservation de l’identité nationale et son adaptation aux exigences modernes est devenue un enjeu national, puisque la modernisation de l’identité ouvre la voie au développement révolutionnaire du pays en ce XXIème siècle.
À cet égard, je pense que l’héritage d’Abaï nous sera très utile. Les œuvres du grand poète sont plus que jamais pertinentes aujourd’hui, et constituent une nourriture spirituelle pour toute notre nation.
Par conséquent, il est nécessaire de repenser la diffusion et l’utilisation rationnelle de son travail pour la modernisation de la nation.
Dans cet article, je voudrais partager avec le public la pertinence de la parole d’Abaï quant à notre époque et les leçons tirées des œuvres du poète par notre peuple.

Un exemple d’identité nationale

Le renouveau n’est pas un adieu au passé et la découverte de nouvelles valeurs.
En fait, il s’agit d’un phénomène qui cherche à développer notre patrimoine national en parallèle avec les tendances positives d’aujourd’hui. En même temps, nous ne pouvons pas dépasser Abaï. Il y a plus d’un siècle, le grand penseur a appelé la nation à se moderniser, à se développer et à se renouveler.
Le Premier Président a déclaré: «Malgré le temps qui change et le monde qui change, notre peuple n’est pas déçu d’Abaï, au fil du temps, il découvre par lui-même les nouveaux aspects et les secrets de sa grandeur.
Abaï coexistera pour toujours avec son peuple natal, exhortant le peuple du Kazakhstan depuis des siècles à atteindre de nouveaux sommets», ce qui indique clairement que l’héritage du poète est évalué comme une volonté éternelle.
En regardant les œuvres d’Abaï, nous voyons qu’il a toujours sincèrement voulu que le pays soit promu et prospère, et il a pleinement magnifié cette idée. La science et l’éducation sont la base du progrès. Abaï, de toutes les fibres de son être, a souhaité que les Kazakhs continuent d’apprendre et de se développer.
Il a dit: «Ne vous vantez pas tant que vous ne maîtrisez pas la science», aucun citoyen ne pourra donner le meilleur de lui-même, s’il n’a aucune science pour l’éclairer sur la direction à donner à son énergie. Il a déclaré: Nous ne voulons pas acheter de la science pour le bétail, soulignant que, pour la prospérité du pays, il est nécessaire d’acquérir des connaissances. Nous devons comprendre l’enseignement instructif du Grand Abaï; ne pensez pas au profit, pensez à la conscience, efforcez-vous d’en savoir plus.
Ces résultats sont pertinents aujourd’hui et plus importants que jamais. En effet, au XXIème siècle, nous voyons que le but de la science est de viser le sommet, d’avancer.
Et notre tâche n’est pas seulement de suivre les progrès, mais aussi de prendre l’initiative.
Pour ce faire, nous devons d’abord moderniser le système éducatif. Beaucoup de travail a été fait à cette fin, mais il y a encore des lacunes dans l’éducation publique. Les moyens de l’améliorer sont mis en évidence dans le programme électoral et lors de la conférence d’août de l’année dernière.
L’adoption de la loi sur le statut des enseignants est l’une des initiatives positives dans ce sens. Il s’agit d’une étape vers l’amélioration de la qualité de l’éducation. En général, dans toute société, la position d’un enseignant est particulière. Les enseignants jouent un rôle clé dans l’éducation d’une génération à la conscience développée. Nous devons respecter et honorer les enseignants. Par conséquent, l’État devrait améliorer le statut de la profession enseignante et créer les conditions d’un fonctionnement harmonieux.
Abaï a particulièrement souligné que l’une de ces bonnes initiatives était l’étude des langues. Le poète dans sa vingt-cinquième parole édifiante dit, en outre, qu’une langue différente donnera à une personne ce qui suit; après avoir étudié la langue et la culture des autres peuples, une personne accède alors à l’égalité citoyenne.
Cela signifie qu’il est également important pour nous d’être à égalité avec les gens qui nous précèdent.
Dans le nouveau contexte historique actuel, nous devons tous prêter attention au développement et à la glorification de notre langue maternelle et élever son statut, sans pour autant négliger l’apprentissage de langues étrangères comme l’anglais, qui est d’une importance cruciale . Plus les jeunes apprennent de langues, plus leurs chances sont grandes. Comme le préconisait Abaï, la jeune génération ne bénéficiera à notre peuple que si elle connaît parfaitement la science, respecte sa langue et en apprend d’autres.
Le monde ne change pas tous les jours, mais toutes les heures. Dans chaque domaine, de nouveaux défis et de nouvelles exigences apparaissent. L’actualité scientifique fait avancer l’homme. Le temps est venu où vous ne pouvez vaincre qu’avec l’intellect. Pour tenir les exigences de notre temps, nous devons avoir un esprit clair et affuté. Cette étape nécessite la capacité de combiner les meilleurs aspects de la mondialisation avec les intérêts nationaux. À un tel moment, nous devons abandonner nos stéréotypes et nos habitudes.
Pour cette raison, Abaï était insatisfait de certaines actions qui ne favorisent pas une réflexion profonde et des connaissances scientifiques développées, car il méprisait les pensées futiles et malveillantes, qui ne servent qu’à porter du tort à autrui, comme les demi-mensonges, les médisances et les potins.
Le poète a exhorté les gens à maîtriser différents types d’art. Il était conscient des priorités nationales et voulait y sensibiliser son peuple. L’idée de former une nation intellectuelle, dont nous parlons aujourd’hui, peut être considérée comme initiée par Abaï. Le grand penseur a cherché, dans chacun de ses discours à éveiller cette volonté nationale de développement intellectuel et citoyen.
Par conséquent, il est important pour nous d’accorder une attention particulière à l’étude approfondie d’Abaï. Connaître Abaï, c’est se connaître, s’aider soi et aider son peuple. La connaissance de soi et le développement personnel continu d’une personne, en donnant la priorité à la science et à l’éducation, sont l’expression de la perfection. Ceci est la nation intellectuelle. À cet égard, la parole d’Abaï devrait devenir la force directrice de nos générations.
Abaï a appelé à élever chaque enfant kazakh comme un véritable patriote. Son héritage est l’école du patriotisme sage, le fondement de l’idée de contribution nationale. Par conséquent, si nous voulons que nos citoyens soient éduqués, nous ne devons pas nous lasser de lire Abaï et d’intégrer ses enseignements.
Nous devons apprendre à aimer le pays et la nation, comme Abaï. Bien que le grand poète ait vivement critiqué les défauts de la nation, il n’avait qu’une seule pensée; élever les Kazakhs, son peuple.
Le riche héritage d’Abaï sert à la formation d’une nation kazakhe supérieure. Les réflexions exprimées dans ses œuvres insufflent à chaque personne un sens du patriotisme par rapport à son peuple, son pays et sa terre. C’est pourquoi l’absorption des fruits de son travail par la jeune génération est l’une des étapes importantes de la renaissance de la nation.

Intérêts de l’État

Nous devons renforcer notre statut d’État pour prospérer en tant qu’État souverain.
Il faut comprendre que le maintien de l’ordre public est une responsabilité universelle. Si le peuple n’a pas de respect pour les autorités, cela conduira à la critique du pays. En conséquence, l’importance du respect de l’État doit être expliquée aux citoyens, et en particulier aux jeunes. Dans ce cas, il est nécessaire de prêter à nouveau attention à l’héritage d’Abaï.
Le grand poète dans ses œuvres a exalté l’idée d’unité nationale pour atteindre les objectifs de développement du pays.
Il a eu l’idée de créer une société juste. Les vues d’Abaï sont d’une importance capitale pour la société et le bien-être du Kazakhstan au XXIème siècle. Les positions du sage Abaï sont conformes aux principes d’un État civilisé. La justice ne sera fermement ancrée que si l’état de droit, la transparence du gouvernement et la responsabilité envers le peuple sont à un niveau d’exigence élevé, et que les représentants de la société civile sont activement impliqués dans les affaires de l’État.
Mon concept d‘«Un État à l’écoute de la voix du peuple» a été proposé pour développer l’idée d’une société juste. Un dialogue constructif entre l’État et la société renforce la confiance dans l’État. Les membres du gouvernement, y compris les ministres et les dirigeants, devraient prendre en compte les propositions et les souhaits des citoyens lors de la prise de décisions sur des questions d’importance étatique et sociale. Je pense que c’est la seule condition pour la formation de cette juste société évoquée par Abaï.
Le grand poète n’a pas parlé en vain: Des conseils importants se perdent, le pays ne fait plus entendre sa voix. Cela indique également que les gens ne sont pas satisfaits du dirigeant.
Or, le gouvernement a besoin d’entendre les opinions populaires, afin que nos contemporains, qui «n’ont d’autre métier que de chuchoter, ne soient pas qualifiés dans le ménage» ne grandissent pas. Des représentants de l’État et du public ont créé le Conseil National de la confiance publique pour discuter et résoudre les problèmes nationaux. J’ai travaillé en étroite collaboration avec ses membres pour éviter que ce conseil ne devienne officieux.
Le travail d’Abaï met également l’accent sur la méritocratie. Il appréciait une personne en fonction de ses mérites et non de son statut, le grand poète orientait ainsi justement la nouvelle génération. Actuellement, le Kazakhstan est en cours de modernisation politique. Avec le soutien du Premier Président, une nouvelle génération de dirigeants est apparue. Cependant, il est souvent rapporté que notre pays a besoin de changements politiques radicaux. Mais il est important de parvenir à un accord à l’échelle nationale sur cette question, d’évaluer véritablement les capacités de l’État et d’aborder de manière responsable les responsabilités assignées.
Ceux qui prônent un changement radical ne se soucient pas de l’avenir du pays, ils se concentrent simplement sur les idées populistes.
Le populisme est devenu une tendance mondiale, dont il faut se méfier, car c’est une tendance négative. Les voix de groupuscules radicaux qui n’ont pas de stratégie claire et qui cherchent uniquement à s’accaparer le pouvoir avec des slogans vides sont souvent entendus partout dans le monde. En parlant de ces gens bruyants et sans fonds, Abaï dit: «Ils empoisonnent la parole publique et nous exposent à des jours sombres». En fait, il s’agit d’une tendance dangereuse qui sape le développement de tout le pays et affaiblit l’unicité de la nation.
Comme le disait Abaï, la vantardise excessive des uns, le syndrome de supériorité des autres ne nous conviennent absolument pas. Nous devons franchir clairement chaque étape et analyser minutieusement ce qui se passe dans le monde et dans notre pays. Il est important de placer la paix et l’unité avant tout – c’est la clé de notre stabilité et de notre développement. Vous devez penser aux intérêts de l’État, tout en maintenant la relation avec celui-ci, pour apprécier le travail accompli.
Seule la poursuite d’une telle politique nous permettra d’atteindre tous nos objectifs stratégiques et de faire du Kazakhstan l’un des pays les plus développés.

Compatissant avec la nouvelle société

De toute évidence, le cœur du nouveau Kazakhstan est la nouvelle société. En même temps, nous devons nous concentrer sur le renforcement de la dignité de notre nation et le renforcement de la compétitivité de notre peuple. Il est également nécessaire de se débarrasser des traits négatifs qui entravent le développement de la société et violent notre unité.
Aujourd’hui, un certain nombre d’intellectuels du monde entier mettent en garde contre la crise du capitalisme classique et sont sceptiques quant à son avenir.
Dans le monde des fossés se creusent entre les riches et les pauvres, ceux qui ont eu accès à une éducation et ceux qui ne l’ont pas eue, et ceci se cristallise par une distance marquée entre les communautés urbaines et rurales. Le rythme de ce processus augmente régulièrement. Les entreprises engrangent les bénéfices, les personnes éduquées évoluent dans une sphère séparée et chacune ne poursuit que ses propres intérêts sans pratiquer l’idée d’unité nationale.Les villes se développent rapidement et les petits villages sont sous-développés.
Les chercheurs expliquent ces phénomènes par un affaiblissement de la responsabilité sociale.
La responsabilité sociale reviendra-t-elle? Bien sûr, ce n’est pas chose aisée. La solution à ce problème complexe doit être recherchée dans la formule «Homme holistique» d’Abaï. L’expression «Homme intègre» correspond au terme anglais «A man of integrity». Cela correspond à une personne qui a pleinement confiance en elle et ses compétences, et qui emploie les-dites compétences autour d’elle pour améliorer sa condition et celle des autres. Ce concept, aujourd’hui largement répandu, a été interprété par Abaï au XIXème siècle.
La vie humaine dans son ensemble se compose de diverses relations. Sans cela, une personne serait séparée de la société. Et la communication, bien sûr, est mutuellement responsable. Cette responsabilité est violée lorsque l’égoïsme intervient. C’est pourquoi Abaï a dit: «Gardez votre esprit, votre force, votre cœur sur un pied d’égalité, et vous serez comblé séparément du pays», ce qui signifie qu’une personne a besoin d’un coeur pur, d’un esprit clair et d’une grande volonté.
Il considère ces trois concepts constamment dans l’unité, mais estime que les deux premiers devraient être subordonnés. Telle devrait être la philosophie de vie du peuple kazakh.
Notre peuple, qui vivait avec de tels concepts dans une situation difficile, était amical avec les autres nations. Même s’il n’avait rien à manger, il considérait comme un devoir de partager son morceau de pain. Il y a toujours eu du respect pour les aînés, de l’affection pour les plus jeunes, de l’aide aux handicapés et une considération pour les morts. Glorifiant et transmettant ces valeurs, notre peuple a fait tout son possible pour les préserver en tant que nation.
Nous devons repenser le concept d’Abaï d’un «homme holistique». Nos chercheurs doivent mener de nouvelles études dans ce sens. Je pense que le concept d’un «homme holistique» devrait en fait devenir un pilier fondamental dans tous les domaines de notre vie, au sein du gouvernement et de l’éducation, dans les institutions commerciales et familiales.
L’un des thèmes qui est devenu le fondement de l’oeuvre créative d’Abaï est la lutte contre la paresse et l’oisiveté. Le poète exhorte constamment à être attentif, sensible et à ne pas se laisser distraire par la négligence et le divertissement. Il explore également les aspects psychologiques de la paresse, prouvant que des actions rationnelles peuvent vaincre l’anxiété et la peur de l’échec qui paralyse. L’intelligence émotionnelle, dont nous parlons beaucoup, est également au centre de sa pensée. Il a ainsi encouragé à se débarrasser de la psychologie de la vantardise et de la paresse, à travailler dur et à améliorer ses connaissances.
Nous sommes tous bien conscients de ces versets d’Abaï: «Si vous travaillez sans relâche, vous serez rassasié», «Croyez en vous, votre travail et votre esprit vous sauveront». Chaque personne doit consolider fermement ces concepts clés et donner l’exemple aux autres par leur travail honnête.
Nos employés comprennent la valeur du travail. Nous n’avons pas oublié que le travail acharné de nos parents est devenu une force énorme qui a mené à la victoire. Maintenant, il y a aussi suffisamment de cas exemplaires, de personnes qui travaillent dur et réussissent, certains d’entre eux ont reçu des prix d’État.
Et surtout, en temps de paix comme aujourd’hui, chaque citoyen doit être conscient que son travail productif contribue directement au développement de l’économie du pays.
Abaï peut être considéré comme la base de l’efficacité, le facteur de motivation de l’industrie de son temps. Dans les travaux du grand penseur, un exemple est donné de l’endroit où il y a du travail, il y a de bonnes compétences pour enseigner au ménage. Il appelle à de nouvelles façons de travailler pour améliorer la qualité de vie. Parallèlement à cela, le poète met l’accent sur l’initiative, l’honnêteté dans la profession. Par exemple, dans le dixième mot, il conclut: «Qui ne deviendra pas riche s’il travaille dur, travaille avec diligence et finit par trouver sa place».
Selon Abaï, pour gagner sa vie, il faut apprendre l’artisanat. Parce que «la richesse s’estompe finalement, mais pas la compétence» (trente-troisième parole édifiante). Je pense que les idées du grand poète sont pertinentes aujourd’hui pour la société du Kazakhstan. C’est pourquoi nous constatons aujourd’hui que se débarrasser de la psychologie de la dépendance aux matières premières et de la prospérité maximale des petites et moyennes entreprises est l’une des principales priorités.

Personnalité de la culture mondiale

Presque chaque État civilisé moderne peut se vanter de ses riches personnalités historiques. Parmi eux se trouvent des politiciens, des hommes d’État et des personnalités publiques, des dirigeants, des poètes et des écrivains, des figures de l’art et de la culture. Le peuple kazakh a également de nombreuses personnalités exceptionnelles, et parmi eux Abaï a une place spéciale. Nous ne sommes toujours pas en mesure de présenter notre grand penseur au monde.
Au cours de mon service diplomatique, j’ai souvent rencontré des politiciens et des experts dans divers domaines. J’ai échangé des vues avec des étrangers sur de nombreuses questions communes à l’humanité. En général, ils connaissent bien les réalisations politiques et économiques du Kazakhstan. Mais pas assez nos valeurs spirituelles et culturelles. La question se pose: «Pourquoi ne révélons-nous pas la culture kazakhe à travers Abaï?»
Le grand intellectuel Abaï est un génie de la terre kazakhe de niveau mondial. Il a semé la graine de l’esprit et de la sagesse à travers toute la nation kazakhe.
Nos chercheurs, qui ont étudié en profondeur le pouvoir poétique d’Abaï, disent qu’il a reçu des matériaux inépuisables du folklore kazakh, de l’art des mots oriental et occidental, de la littérature russe et des œuvres historiques.
La grande pensée d’Abaï se reflète également clairement dans sa compréhension spirituelle; «Allah est la vérité, la parole est la vérité, la vérité n’est jamais fausse», a-t-il dit. Il est clair qu’il est arrivé à cette conclusion, après avoir étudié en profondeur, compris les œuvres des philosophes d’Orient et d’Occident. Par sa trente-huitième parole édifiante, il exprime sa position envers Dieu.
Les philosophes religieux, qui appréciaient les horizons spirituels d’Abaï, accordent une attention particulière à son concept de «musulman fidèle». Le concept de «musulman fidèle» concernait probablement non seulement les Kazakhs, mais le monde musulman tout entier. Voici notre penseur et sage Abaï, qui continue de grandir au niveau mondial grâce à ce point de vue religieux.
Comme vous le savez, nous tenons des réunions traditionnelles de toutes les religions dans notre capitale. Il y a un équilibre entre le but de tels événements et la position du grand Abaï.
Nous pensons tous au désir du poète de préserver la pureté de l’âme de l’humanité tout entière.
Comme vous le savez, l’image d’Abaï a été très appréciée en tant qu’image artistique dans la littérature mondiale grâce au roman de Moukhtar Aouézov «La Voie d’Abaï». Mais ce n’est qu’un des aspects de la connaissance d’Abaï. Pour connaître le vrai Abaï, le poète Abaï, il faut révéler le sens des idées exprimées dans ses poèmes et sa prose. Il doit être traduit dans les principales langues du monde, en conservant toutes ses couleurs. Il est difficile de dire que nous avons réussi. La traduction des vrais poètes nationaux dans d’autres langues n’est pas une tâche facile. Un traducteur doit également avoir le talent du même penseur. Nos «abéologues», linguistes et sympathisants d’Abaï devraient y prêter une attention particulière.
Le Premier Président, Noursoultan Nazarbaïev a déclaré: «Abaï n’est pas seulement une personne exceptionnelle qui a apporté une contribution inestimable au trésor spirituel du peuple kazakh, mais aussi une personne sage qui a travaillé dur pour faire du peuple kazakh une nation.
Abaï est une merveilleuse figure parmi les penseurs de classe mondiale. En effet, les œuvres d’un poète sage peuvent enrichir la vie spirituelle non seulement des Kazakhs, mais de l’humanité tout entière, car le contenu des œuvres d’Abaï est plein de valeurs universelles. Ses paroles édifiantes sont la propriété commune des peuples du monde. Ceci est un recueil d’idées classiques, de mots instructifs, de dictons, d’édifications – bien que les noms soient différents, c’est un genre spécial.
Dans ses paroles édifiantes, Abaï démontre qu’il a prospéré et atteint des sommets spirituels, louant l’héritage de l’humanité. Le fondement de ses paroles édifiantes est l’humanité, la culture et la gentillesse. Les lettres du penseur français Montaigne viennent à l’esprit lorsque nous cherchons des alternatives aux paroles du sage Abaï. Cependant, si Montaigne pense davantage à sa personnalité et à sa nature humaine, la mission principale des paroles édifiantes d’Abaï est de penser, de laisser les autres penser, de transformer le but en principe. Les paroles édifiantes d’un grand penseur sont un travail très précieux.
Plus nous représentons Abaï dans la culture mondiale, plus l’honneur de notre nation est élevé. À l’ère moderne de la mondialisation et à l’ère des technologies de l’information, la parole d’Abaï devrait faire réfléchir tout le monde.
Il y a suffisamment de personnalités dans le monde qui ont apporté une contribution significative au développement de divers domaines de la science et de l’éducation, et qui ont été reconnues par les penseurs universels. Par exemple, lorsque nous pensons à la Chine, nous pensons immédiatement à Lao Tseu et Confucius. Quand nous pensons à la Russie, se sont Dostoïevski et Tolstoï qui viennent à l’esprit, et avec la France, nous évoquons Voltaire et Rousseau. Nous devons également atteindre un niveau tel que lorsque nous mentionnons le Kazakhstan, le nom d’abri soit celui qui se présente en premier. Ce serait un grand honneur que d’autres personnes nous saluent et disent: Le peuple kazakh est le peuple d’Abaï.
Peu importe comment Abaï est loué, tout va bien. Sa vie instructive et sa véritable créativité sont un modèle non seulement pour le peuple kazakh, mais aussi pour le monde entier. Les idées d’Abaï sur la condition humaine, la société, l’éducation, la science, la religion, les traditions, la nature, l’environnement, l’État, le gouvernement, la langue et la communication n’ont pas perdu leur importance depuis des siècles, car l’héritage du poète est la nourriture spirituelle de l’humanité tout entière.
Tant qu’il y aura un pays kazakh, le nom Abaï continuera de croître. Si nous tenons haut ses précieuses paroles comme un trésor spirituel, alors la dignité de notre patrie devant le monde augmentera certainement.
Tout d’abord, nous devons promouvoir Abaï en tant que monument culturel de notre nation. N’oublions pas que les pays civilisés apprécient l’identité, la culture, la littérature et la spiritualité kazakhes à proportion du degré de popularité de ses penseurs nationaux au niveau mondial. Par conséquent, il est nécessaire de présenter Abaï en tant que marque d’un nouveau Kazakhstan à la communauté mondiale. C’est le devoir sacré de la génération actuelle.

Exemples de célébration

Nous devons lire attentivement les œuvres d’Abaï, si nous voulons renouveler notre conscience nationale et créer une nation compétitive. Ses vues sur les différents processus de la société d’aujourd’hui sont très utiles pour le Kazakhstan. Abaï, qui reflète l’image non seulement de son époque, mais aussi de la société moderne, s’est battu sans relâche pour atteindre le but du pays.
Nous savons tous que chaque Kazakh a une dombra dans un endroit respectable. Je crois que dans chaque famille, il devrait aussi y avoir un livre d’Abaï et un roman de Moukhtar Aouézov «La voie d’Abaï».
La prochaine génération devrait emprunter le cheminement intellectuel d’Abaï. C’est l’accomplissement du rêve du grand poète. Par conséquent, nous devons enseigner la pensée d’Abaï.
Cette année, plus de 500 événements seront organisés au niveau international, national et régional, et seront dédiés au 175ème anniversaire d’Abaï. L’événement principal sera la Conférence internationale scientifique et pratique sur le patrimoine d’Abaï et la spiritualité mondiale, qui se tiendra en août à Semey en collaboration avec l’UNESCO. Toujours en octobre, Nur-Sultan accueillera une conférence internationale sur le thème de l’Abaï et les questions du réveil spirituel. Ces événements permettront une étude approfondie de la personnalité et de l’héritage d’Abaï et ouvriront la voie à son travail au profit du nouveau Kazakhstan du XXIème siècle.
L’un des projets importants est la traduction et la publication des œuvres du grand poète en dix langues. En particulier, le travail d’Abaï sera traduit en anglais, arabe, japonais, espagnol, italien, chinois, allemand, russe, turc et français. Plusieurs documentaires et la série télévisée «Abaï» sur la vie, l’héritage du poète, son rôle dans le développement de la culture kazakhe seront créés.
Le domaine de la poésie ne fait pas exception. Des festivals de théâtre et de musique se tiendront, encore une fois, au niveaux national et international. Cette année, les prix sont consacrés au travail d’Abaï. Le Prix d’État pour les meilleures œuvres dans le domaine de la littérature et de l’art s’appellera désormais le Prix d’État Abaï.
L’inauguration de la personnalité et du patrimoine d’Abaï se poursuit à l’étranger. Il est prévu de créer des «centres Abaï» au sein des ambassades du Kazakhstan en Russie, en France, au Royaume-Uni et dans d’autres pays. Ces événements culturels doivent être organisés sans dépenses inutiles.
Le cimetière de la dynastie Kounanbaï Oskenbaïouly dans le village d’Akshoky, dans l’est du Kazakhstan, sera amélioré.
Dans le même temps, je pense que le gouvernement devrait prendre les mesures suivantes pour exalter la personnalité d’Abaï à un niveau élevé:

La région de Semipalatinsk est l’un des endroits les plus sacrés de l’histoire des Kazakhs. Par conséquent, la ville de Semey, qui occupe une place spéciale dans le développement spirituel du pays, doit être attribuée au centre historique. Le lieu de naissance des Grands Abaï, Shakarim et Moukhtar Aouézov mérite un respect particulier. À cet égard, il est nécessaire de développer l’aspect socio-économique de la ville et de moderniser ses trésors historiques et culturels en fonction de ces nouvelles exigences. J’invite le gouvernement à prendre les mesures appropriées à cet égard.
Dans le cadre de l’année anniversaire, il est nécessaire de créer des conditions favorables pour le public qui veut réaménager le lieu sacré d’Abaï – le célèbre Jidebaï et honorer l’esprit du grand poète.

En outre, il est nécessaire d’accorder une attention particulière au musée-réserve historique, culturel et littéraire-commémoratif d’Abaï Jidebaï-Borili, et de le transformer en un centre de travail scientifique et éducatif.
À Jidebaï, il est nécessaire de créer un nouveau bâtiment dédié au musée, le patrimoine d’Abaï.�Le journal Abaï, fondé en 1918 à Semipalatinsk par Moukhtar Aouézov et Joussipbek Aïmaouytov, a besoin du soutien de l’État. Il est publié depuis 1992.
Ces événements et d’autres à grande échelle auront lieu pour honorer l’esprit du grand Abaï et glorifier son riche héritage. C’est pourquoi j’exhorte tous les habitants du Kazakhstan à prendre une part active à cette noble initiative.

Nous attachons une grande importance au 175ème anniversaire d’Abaï en tant qu’événement qui renouvellera la conscience publique et donnera une impulsion à notre développement en tant que pays et nation.
Je pense que l’objectif principal de cet événement est une sorte de rapport à l’enseignement national du pays. La critique d’Abaï est une critique sérieuse et constructive.
Grâce à l’initiative du Premier Président et le soutien du pays, nous avons conquis de grands sommets. Nous nous sommes fixés pour objectif d’entrer dans le top 50 des pays les plus avancés et avons atteint cet objectif plus tôt que prévu.
Nous prévoyons de rejoindre le top trente. Et nous y parviendrons. L’héritage d’Abaï peut également nous aider à atteindre cet objectif. La question suivante est de savoir si nous sommes en mesure d’intégrer la pensée d’Abaï.
Pouvons-nous lui donner un sens?
La célébration de la gloire devrait stimuler la recherche de moyens d’accomplir la grande tâche qui attend la nation. Nous souhaitons à chaque citoyen de penser à notre pays en prévision de cette célébration. Qu’est-ce que Abaï nous a donné? Qu’a demandé Abaï de nous? Qu’attendait Abaï de nous? Quelles affaires dans le pays Abaï admirait-il? Pourriez-vous en tirer des leçons? Quelles affaires ont bouleversé Abaï? Avons-nous réussi à nous en débarrasser? En d’autres termes, nous pouvons être satisfaits si nous faisons les cinq meilleures choses dont le poète a parlé et si nous nous débarrassons des cinq ennemis à la prospérité du pays.
L’héritage d’Abaï est une valeur sacrée qui ouvre la voie à l’unité en tant que nation et au développement de notre peuple.
En fin de compte, si nous suivons les conseils d’Abaï dans n’importe quel domaine de la vie, nous deviendrons forts en tant que pays et atteindrons nos objectifs en tant qu’État.
Le rêve d’Abaï est le rêve du peuple. Nous ne devons pas ménager nos forces pour réaliser les rêves et les responsabilités du peuple. Les instructions utiles d’Abaï conduisent le nouveau Kazakhstan à de tels sommets au XXIème siècle.

Kassym-Jomart Tokaïev,
Président de la République du Kazakhstan

Traduit de l’anglais par Nijat Kazimov



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